51_2BfwRHhzFLIl m'aura fallu qu'un aller et retour Lyon-Grenoble en train (soit 3 heures) pour "avaler" les 250 pages du livre de Misha Defonseca "Survivre avec les loups".

Hier matin alors que le train m'emmenait vers le sud, je suis partie de nouveau avec Misha vers l'Est à la recherche de ses parents. J'ai traversé avec elle la Belgique, l'Allemagne, la Pologne où j'ai du la laisser avec regret, car nous étions déjà arrivés à Grenoble. Le temps de déjeuner et surtout de papoter quelques heures avec MA copine, de dire un petit bonjour aux collègues et aux enfants de ma dernière école et j'étais à nouveau assise dans le train cette fois en direction du Nord. Je me suis aussitôt replongée dans le livre et j'ai retrouvé Misha en Pologne où j'ai vécu avec elle un terrible moment dans le "ghetto de Varsovie". Puis ce fut l'Ukraine. Après quelques semaines ou mois (elle dit plusieurs fois dans le livre qu'elle n'avait pas la notion du temps) passés dans ce pays au sein d'un groupe de résistants, elle a pris le chemin du retour avec le sentiment d'avoir atteint "L'Est"  et n'ayant pas trouvé ses parents,  la certitude qu'ils étaient retournés en Belgique. Je l'ai à nouveau suivie à travers  la Roumanie, la Yougoslavie puis l'Italie, (quelques erreurs d'orientation l'on fait descendre trop au Sud) la France et de nouveau la Belgique. En tout 4 années d'errance durant lesquelles elle a du affronter la faim surtout, mais aussi le froid, la souffrance physique et morale et durant lesquelles elle a été un témoin innocent de la guerre et de ses atrocités. 

Et si parfois en regardant le film je me disais: "Ils exagèrent! Ce n'est pas possible! Ils en ont rajouté pour les besoins du scénario!" j'ai bien vite compris à la lecture du livre qu'il n'en était rien.

Non seulement tout ce qui est raconté dans le film, à part une ou deux scènes légèrement arrangées ainsi que la fin, est vrai, mais la réalisatrice a volontairement occulté les scènes les plus dures auxquelles Misha a assisté, notamment en Pologne dans le ghetto de Varsovie où elle a été témoin de la cruauté et de la violence gratuite des hommes en tant de guerre (encore qu'ils en soient aussi capables en temps de paix).

Il se dégage du livre la même atmosphère que dans le film et je suis ressortie de ma lecture aussi bouleversée qu'en sortant du cinéma, avec toujours cette même impression d'irréalité qui cette fois était pourtant bien réelle!

Ce qui est intéressant dans le livre c'est que dans la dernière partie, Misha nous raconte ce qu'elle est devenue après cette "aventure" et combien il a été difficile pour elle de se construire après tout ce qu'elle avait vécu au cours de ces 4 années passées seule, ou quasiment, dans la forêt et combien les séquelles physiques et morales ont été lourdes à supporter.

Alors je n'ai qu'un conseil à vous donner: lisez le livre et allez voir le film peut importe l'ordre! Une chose est sûre par contre, l'histoire de Misha ne pourra vous laisser indifférent!