22 mai 2008
Manies d'instit!
La semaine dernière j'ai été taguée par Sosso : il s'agit de dévoiler 6 de ses manies (anciennes) de "maîcresse"!
Pas facile! D'autant plus que même si je n'ai arrêté de travailler que depuis à peine deux ans, ma vie d'instit me parait déjà bien loin! Mais je vais essayer quand même sans garantir que j'arrive à 6!
1-Les dernières années, je ne pouvais pas travailler sans mettre un de mes grands tabliers, confectionnés par mes petites main, en tissus très gais (avec des motifs pour les enfants : j'en avais même un en tissu de Noël!)) et colorés qui ressemblaient étrangement (comme forme) aux tabliers que portent les bouchers et qui avaient l'avantage de protéger mes vêtements devant et derrière. En plus ils avaient une grande poche dans laquelle on pouvait retrouver le soir barrettes, sucettes, petits voitures et autres objets hétéroclites récupérés tout au long de la journée.
2- Dans le même ordre d'idées, j'aimais bien quitter mes chaussures en arrivant dans la classe (surtout l'hiver) et mettre à la place une paire de sabots bien usés et bien confortables! Petite anecdote: il m'est arrivé une ou deux fois de repartir chez moi en les ayant gardés aux pieds!
3- Comme Sosso, bien souvent le soir je n'avais plus de bureau, celui ci ayant disparu sous une tonne de papiers divers, dessins etc... Pour essayer de remédier à ce problème j'ai carrément supprimé mon bureau les trois dernières années: mais hélas c'est le meuble situé à l'entrée de la classe qui disparaissait à son tour.
4-J'avais la manie de recouvrir les murs de mes classes avec des peintures, collages et autres "oeuvres" réalisés par mes élèves jusqu'à ce qu'il ne reste plus le moindre centimètre carré de libre: en fait je n'ai travaillé que dans des vieilles écoles aux murs pas très jolis et j'essayais ainsi de les cacher au maximum.
5-J'aimais bien donner mes consignes aux enfants en chantant, ce qui avait pour effet de les rendre plus attentifs à ce que je disais!
6- Quand c'était le moment, à la place de dire crier "RANGEZ!", je jouais avec ma flûte à bec un petit refrain (toujours le même) qui indiquait aux enfants que c'était l'heure du rangement. Avantages: économie de voix et beaucoup plus efficace!
Mais ça y est je suis à 6!!!!!!
Pour illustrer mon message une photo sur laquelle vous pouvez constater que j'ai un tablier et des sabots au pied;-))! Je vous ai bien dit que ces manies dataient de mes dernières années : cette photo a pas loin de 20 ans (et je n'ai pas retrouvé de photos de moi avec un de mes jolis tabliers)! Par contre vous pouvez apercevoir au premier plan le bureau bien encombré!!

En fait je ne vois pas pourquoi ce tag serait réservé aux instits car je pense que tous et toutes, quelque soit nos professions, nous avons des petites manies dans notre travail.
Alors je ne tague personne mais n'hésitez pas à me révéler une de vos petites manies au travail en me laissant un commentaire!
02 avril 2008
Mammilou blagueuse!
Lorsque j'étais instit et que le 1er avril ne tombait ni un mercredi, ni un samedi, ni un dimanche, ni non plus pendant des vacances scolaires (en 33 ans y'en a eu quand même quelques uns), j'aimais bien faire des blagues aux collègues, aux ATSEM, aux enfants (jamais méchantes je vous rassure) mais aussi aux parents!
Hélas je ne me souviens plus de toutes (je regrette de ne pas les avoir notées) mais il m'en reste en mémoire une ou deux qui avaient particulièrement bien marchées.
Une année alors que j'avais une classe de grande section et qu'au mois d'avril les discussions concernant la prochaine rentrée des enfants au CP allaient bon train, j'avais donné un 1er avril à 16h30, une feuille d'infos sur laquelle j'annonçais avec beaucoup de sérieux que suite à une décision subite du ministère de l'Education Nationale, l'entrée des enfants au CP ne se ferait plus à 6 ans mais à 7 ans et que donc les enfants présents dans ma classe cette année là resterait un an de plus à la maternelle! Autour de la feuille j'avais dessiné 2 ou 3 petits poissons et j'avais inscrit la date en bien gros en haut.
Nos classes donnaient directement sur la cour de l'école qui devenait à l'occasion des sorties un lieu où les parents aimaient s'attarder un peu pour papoter. Je me suis amusée alors à regarder leurs réactions à la lecture de cette info! Les uns (la majorité quand même) démasquant très vite qu'il s'agissait d'une blague et d'autres prenant un air de plus en plus surpris voire inquiet au fur et à mesure qu'ils avançaient dans la lecture; une fois celle-ci terminée ils se dirigeaient vers d'autres parents pour savoir ce qu'ils pensaient de cette décision incroyable ou revenaient vers moi pour en savoir davantage! Ils comprenaient alors à mon air réjoui qu'ils s'étaient fait avoir!
Une autre fois le 1er avril tombait la veille d'un jour de piscine. A nouveau le soir j'ai distribué aux parents une feuille sur laquelle je les informais que suite à un incident dans le système de chauffage de la piscine, l'eau s'était transformée en glace!!!! et que du coup à la place de la séance piscine il y aurait une séance patinage. Les enfants ne devaient donc pas venir avec leur maillot de bain mais avec des gants, les patins étant fournis aux enfants.

Le poisson était gros! Mais néanmoins quelques parents y ont cru pendant quelques instants, le temps que d'autres ou moi même ne leur ayons avoué la blague!
Vous comprendrez mieux alors pourquoi après avoir de nombreuses fois piégé les parents d'élèves j'ai eu envie de vous piéger aussi! Et à nouveau certaines n'ont pas été dupes mais d'autres sont tombées dans le piège!
A propos de blagues concernant une séance piscine allez lire celle-ci faite par un instituteur à ses CP. Un petit bijou!
28 novembre 2007
Sentiments partagés!
Quand j'étais instit les quatre ou cinq semaines qui précédaient les vacances de Noël étaient une période que j'adorais et que je redoutais à la fois.
Je l'adorais parce que les travaux manuels et les arts plastiques étant mes activités préférées avec les enfants, je m'en donnais à coeur joie pour préparer Noël: Pères Noël et sapins en volume, en collage, à la peinture, à l'encre, j'en passe et des meilleurs, mais aussi guirlandes, étoiles, bougies, vitraux, petits pots de confiture pour les parents... pendant ces quelques semaines ma classe ressemblait véritablement à l'atelier du Père Noël avec les enfants dans le rôle des lutins. J'aimais que ma classe et le couloir soit "richement" décorés: pas un bout de mur, de fenêtres ou de portes n'étaient oubliés, sans parler de toutes les décorations qui étaient suspendues sur les fils de nylon qui traversaient la classe dans tous les sens et qui faisaient parfois grogner les agents d'entretien où les papas trop grands!!!
Mais je la redoutais aussi, car c'était pour moi chaque année la même angoisse: allais-je arriver à tout finir à temps(rassurez-vous j'y suis toujours arrivée)! Et puis c'était des heures passées le soir après la classe (surtout lorsque mes propres enfants ont été grands) parfois même le week-end pour monter les objets,terminer ce que les enfants ne pouvaient pas faire, et puis surtout tout accrocher et tout suspendre pour que la classe soit belle quelques jours avant la fête de Noël!
Parlons en de cette fête de Noël à l'école! En 33 ans et 8 écoles j'en ai connu de toutes sortes: celles où on devait préparer un spectacle pour les parents, ce qui faisait bien sûr le bonheur des parents mais pas toujours celui des enfants qui devaient souvent subir lors des répétitions, le stress et l'énervement de maîtresses fatiguées par le trimestre et qui n'arrivaient pas toujours à obtenir la perfection qu'elles auraient souhaitée. J'ai connu aussi les goûters de Noël dans les classes auxquels les parents étaient invités et la cohue (28 élèves plus une quarantaine de parents vous imaginez ce que cela peut donner!), l'excitation des enfants et les pleurs de ceux dont les parents n'avaient pas pu se libérer. Mon souci à moi n'étaient pas de faire plaisir aux parents mais de rendre heureux les enfants! Si on peut faire les deux c'est l'idéal;-)!

Souvenir d'une fête de Noël en 1986!
C'est pour cette raison que lorsque je suis devenue directrice, nous avons décidé avec mes collègues que ce serait nous les maîtresses et les ATSEM qui ferions le spectacle de Noël pour les enfants:une danse ou un conte mimé(cette idée a ensuite été reprise dans la dernière école où j'ai travaillé et dans laquelle je n'étais plus directrice!). Je dois dire que chaque année c'était un très gros succès et une joie immense pour les enfants de voir l'espace de quelques minutes leurs maîtresses transformées en petit garçon, petite fille, lutin, Père Noêl ou autres personnages ... deux photos pour vous montrer ce que cela pouvait donner;-))!

Quand au goûter nous avions décidé qu'il aurait lieu sans les parents dans les classes, au calme: on pouvait alors allumer des bougies, écouter des jolies chants de Noël tout en dégustant papillotes, clémentines et autres bons gâteaux, sans cris, sans énervements et sans pleurs!
Et puis rassurez vous en juin nous organisions une kermesse avec un spectacle dont les enfants étaient les acteurs ou les danseurs et le dernier jour les parents étaient tous invités à venir goûter avec nous: mais c'était en juin il faisait beau et chaud et on se mettait dans la cour!
Alors bon courage à vous tous les maîtresses et les maîtres surtout de maternelle, pour cette avant Noël si magique mais souvent si épuisant!
05 juillet 2007
Aucun regret!
Hier en fin d'après midi je suis allée à Grenoble (avec mon chien qui ne pouvait pas rester tout seul!!) pour fêter le départ à la retraite d'une ancienne collègue (nous avons été 5 ou 6 ans dans la même école) devenue ensuite directrice d'une école maternelle de Grenoble et avec laquelle je suis restée très amie.
Une soirée très gaie, avec bien sûr des moments un peu émouvants et aussi d'autres très drôles (notamment le sketch préparé par ses collègues toutes déguisées façon "les vamps" qui ont chanté deux chansons qu'elles avaient écrites et le gros cadeau contenant plein de petits bricolages typiques maternelle, genre collier de pâtes ou pâte à sel, avec obligation de les exposer sur une étagère spéciale chez elle!!) pour une institutrice-directrice exceptionnelle qui a été passionnée comme moi par son métier, mais qui part avec un grand bonheur pour commencer une autre vie!
Et bien sûr cette soirée m'a fait penser qu'il y a un an c'est moi qui réunissait les amis (et seulement les amis!) rencontrés au cours de ma carrière ou du moins des 15 dernières années (mes souvenirs des premières années étant restées à Paris ou à Voiron) autour d'un apéritif dînatoire (j'aime bien ce terme) sympathique et joyeux.

Un an après je ne regrette en aucun cas ma décision d'avoir d'arrêté et d'avoir tourné cette longue page de ma vie pour commencer à en écrire une nouvelle. Pendant 35 ans j'ai exercé mon métier avec passion mais à aucun moment cette année il ne m'a manqué.
Par contre je ressens aujourd'hui le besoin de retrouver une activité qui me permettrait d'être à nouveau en contact avec des jeunes enfants (autre que Petitbilou). Je ne sais pas encore sous quelle forme: soutien scolaire, aide à l'association des "bébés du coeur"( qui fait partie des "restos du coeur") intervention dans des écoles maternelles pour raconter des histoires... J'ai tout l'été pour y réfléchir et me renseigner.
Bonne retraite Mimi!!!!
06 juin 2007
Pensées.
En ce début du mois de juin (le premier pour moi en tant que retraitée) je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour tous les instituteurs et professeurs des écoles (je n'ai jamais aimé cette nouvelle appellation et même si je suis devenue professeur des écoles en fin de carrière, je continue à dire que j'étais instit) pour lesquelles ce dernier mois de l'année est symbole de fatigue et stress ( et qui contrairement aux profs de collège et de lycées, auront jusqu'aux derniers jours de juin , voire même début juillet cette année, leurs élèves en face d'eux dans leurs classes!).
Fatigue, parce que c'est la fin de l'année que le trimestre est long et que les enfants sont souvent eux aussi fatigués et donc énervés et agités.
Stressés parce que c'est le mois des kermesses (kermesse rime avec stress en plus) et qu'il est difficile quand on n'est pas enseignant de se rendre compte de ce qu'est la préparation d'une kermesse, notamment quand on monte, pour l'occasion, (comme c'est la plupart du temps le cas en maternelle) un spectacle avec les enfants avec tout ce que cela comporte:choix du thème s'il y en a un commun à l'école, de la musique, invention de la chorégraphie ou de la mise en scène, répétitions (qui doivent rester un plaisir pour les enfants et non une corvée, ce qui est souvent le cas quand ils ont à subir le stress et l'énervement de leur instit) fabrication des costumes avec les enfants à l'école, mais aussi souvent le soir et le week-end à la maison, parfois aussi des décors ..).Je ne vous dis pas le nombre d'heures suplémentaires passés à l'école durant cette période!!!
C'est aussi le mois des sorties de fin d'année, des évaluations, des réunions pour préparer la rentrée suivante, des commandes de fournitures....j'en passe et des meilleurs.
Un mois que je ne regrette pas de ne pas vivre de l'intérieur cette année, tant j'avais l'impression chaque fois que je n'arriverai jamais à tout faire (papylou non plus ne le regrette pas !). Les pires mois de juin ont été les cinq durant lesquels j'étais directrice et où j'avais en plus de tout le reste, à gérer les inscriptions, les répartitions des enfants dans les classes, les travaux à prévoir avec la mairie, etc..
Au final on arrivait quand même à tout faire et lorsque le dernier jour de classe était là, c'était même avec une certaine tristesse qu'on disait au revoir aux petits élèves avec qui on avait vécu une année scolaire.
Alors bon courage à tous!
Comme j'ai constaté que je n'avais que très peu ou pas de photos de ces kermesses, je vous mets ma première photo de classe en tant qu'instit. C'était à Paris en 1973 et les enfants qui sont sur la photo sont nés en 1968!! On sait jamais y'en a qui se reconnaitront peut-être!
















